Bertrand RHINN
et son équipe de La Galerie No Smoking
ont le plaisir de vous faire découvrir leur sélection d'artistes
pour l'édition 2010 de la foire de Strasbourg
Sur le stand A 21

Retrouvez
Un film de Bertrand Fritsch
Aurélie Piau



On l'avait repérée lors de l'exposition collective que la galerie avait consacrée, au printemps dernier, au thème de La Jeune Fille et la Mort. Deux toiles y mettaient en scène un inquiétant monde de l'enfance à l'onirisme crépusculaire. L'écho très favorable qu'avait rencontré ce travail a amené Bertrand Rhinn, directeur de No Smoking, à la mettre à l'affiche de sa rentrée automnale.
L'artiste, installée à Montpellier, y signe un accrochage qui conjugue différents supports - grandes bâches peintes, toiles et papiers en moyens ou petits formats. Et surtout : elle ne déçoit pas les attentes qu'elle avait suscitées. Les peintures et dessins d'Aurélie Piau sont autant de petites narrations qui cheminent en des territoires interlopes, au bord du malaise sans jamais y basculer véritablement, toujours retenues par une ironie décapante, une ambiguïté qui crée une distance et dédramatise ce qui pourrait passer immédiatement pour un sombre théâtre de la cruauté.
Ainsi en est-il de ses trois grandes bâches peintes. Une jeune femme, très Maîtresse Domina, s'y livre à de petits jeux érotiques avec un homme qu'on imagine plutôt consentant. L'une de ces pièces, inscrite dans un décorum de roses et petits oiseaux dignes des princesses énamourées de Walt Disney, proclame Pour la Vie. La scène revendique le décalage.
Les deux autres bâches offrent un traitement plastique plus brutal : les personnages émergent d'un espace blanchâtre traité à la spatule, qui à la fois dissimule et met en valeur. Il y a, à chaque fois, une qualité picturale assez saisissante. D'avoir travaillé durant cinq ans dans un atelier de restauration de tableaux, après être passée par les Beaux-arts de Nice et Montpellier, a assurément beaucoup apporté à Aurélie Piau sur le plan de la connaissance même de la matière de la peinture.
Quant au propos, que souligne encore le détournement d'un Pinocchio qui se livre à de joyeuses étreintes avec sa Pinocchiette, Aurélie Piau le résume d'une formule vague et amusée : « Disons que l'amour et les rapports hommes-femmes, c'est une sacrée pagaille... »
Les enfants ne suscitent pas davantage une vision où régneraient calme, harmonie et innocence. Leurs visages offrent parfois le caractère factice du jouet en plastique, comme si l'artiste voulait souligner un abandon d'humanité. Les charmants petits monstres soumettent ainsi à la torture leurs poupées - auxquelles il leur arrive de ressembler dans un dramatique mimétisme -, transpercent les insectes à la fourchette, arborent cocktail molotov, pied de biche ou pince-monseigneur. Parfois leurs sourires ont l'obscénité racoleuse de certaines publicités qui n'ont pas peur d'en rajouter dans la joie imbécile.
Silhouette fine et visage souriant, Aurélie Piau n'en porte pas moins en elle un univers marqué par le désenchantement. Il nourrit des images sidérantes. Il est déconcertant de l'entendre parler des artistes qu'elle aime et qui au regard de son travail paraissent bien sages. Ingres, « pour le dessin et la déformation qu'il engendre », dit-elle. Et Rembrandt, « pour le boeuf écorché . » Evidemment...
Marie-Odile Biry-Fétique

Marie-Odile Biry-Fétique un paysage et des visions
Ses paysages à la poésie réinventée sont autant d'espaces destinés à bousculer la peinture dans d'ultimes retranchements. No Smoking convoque le travail brutal, violent, à l'éclat ténébreux, de Marie-Odile Biry-Fétique.
Plus qu'une simple série, le paysage est ce qui me pousse à peindre. La rencontre avec le motif provoque en moi une espèce de fusion dans laquelle interviennent différentes données : le lieu dans sa réalité physique bien sûr, mais aussi un moment, une atmosphère, des sensations, des couleurs... » , dit-elle.
Ce besoin impérieux du paysage qu'éprouve Marie-Odile Biry-Fétique, le visiteur le ressentira sans nul doute. D'abord dans ses grandes toiles dépourvues de tout châssis et pendues au mur, à la touche très jetée, aux coulures qui s'en vont saigner sur de larges marges immaculées, mais aussi dans ses petits formats rectangulaires, concentrés explosifs d'énergie et de matière. Quant à ses œuvres sur papier, au graphisme sauvage, elles sont traversées d'une urgence identique - et passablement énervée.
Chacun verra dans ces images de possibles paysages familiers, un sentiment de déjà-vu, en Méditerranée, en Bretagne ou ailleurs. En vérité, peu importe. Si Marie-Odile s'est beaucoup inspirée de la Corse, elle revendique d'abord la notion de « paysage réinventé », parle même d'utopie. Peut-être tout simplement celle de penser qu'il est possible de s'approprier un fragment de nature par la seule peinture.
Professeur en arts visuels à l'Université de Strasbourg, l'artiste se situe davantage sur le terrain de la réinterprétation, de la mise en résonance plastique d'une réalité existante répondant à une vision propre. « J'ai besoin du motif, mais je ne travaille pas directement dessus. Je m'aide aussi de la photographie, des images que j'ai prises comme de celles que je trouve » , indique-t-elle encore.
Et ainsi certaines incrustations venues d'ailleurs trouvent-elles place dans quelques-unes de ses peintures, partie cohérente d'un tout qui participe désormais d'une vision pleinement autonome, sinon poétiquement libérée. Stade suprême de cette logique : de petits bijoux que sont les cartes postales sur lesquelles elle intervient, recomposant de nouveaux paysages qui perturbent le visiteur : jusqu'où le geste artistique oblitère-t-il l'image initiale ? « Sur certaines, le résultat final n'a plus rien à voir avec la photographie originale. Une mer peut très bien être recouverte par un champ. » Sachant, cependant, que sans cette mer, ce champ-là n'aurait probablement jamais vu le jour.
Avec ses pigments qu'elle mêle à de l'encaustique - « Ma petite cuisine... » -, Marie-Odile chemine ainsi dans des paysages traversés d'une tension magnifique - ses ciels, qui parfois constituent un sujet en soi, sont d'une beauté terrible. Quelques pièces deviennent d'évidents prétextes à pousser la peinture à un périlleux point de rupture. De la forme, où l'artiste frôle parfois le pur chaos dans lequel se perd le regard. De la couleur aussi, certains accords de tons pouvant faire passer les Fauves pour de sages adeptes de la plus complète retenue.
Cette prise de risque, où s'affrontent vigueur et mélancolie, l'artiste la domine désormais avec un réel talent. Excellente ouverture de saison pour No Smoking.
Serge Hartmann
Elise Barat

Une peinture à contre courant.
Points de mires, points de vue en survol. Plongée, immersion dans un espace aquatique où la perte de repères participe de la perception. Le miroir d’un monde qui s’auto-suffit, ou plutôt l’image d’un monde à la renverse, comme si regarder le paysage en face était devenu impossible. Nécrose invisible du paysage cultivé, absurdité des jardins clés en main, artificialité des aires d’autoroutes arborées, mise sous cloche de sites sous l’appellation "Parc Naturel", tentante est la fuite d’un tel environnement paysager, beaucoup trop paysagé.
Entamée voici trois ans durant ma maîtrise en Arts Visuels, cette réflexion sur le paysage d’eau et sur le reflet débute par la simple observation. En me focalisant sur la surface de l’eau, je cherche avant tout à mêler le réel à son image, et le réel supposé qu’on devine parfois dans la profondeur de l’onde. Sujet aux multiples facettes ! Du fleuve serpentant dans la plaine, alors peint au couteau, en passant par l’étang aux nénuphars représentés par le biais de l’extrême dilution du médium, jusqu’aux plus récents sillages d’oiseaux aquatiques, le thème est d’une formidable richesse. Facile de s’y noyer ! Mais suivre le fil de l’eau, c’est clairement avouer son incapacité à le saisir. Vain est le pinceau face à la mouvance changeante de ses aspects. Pourtant, c’est dans cette lutte perdue d’avance que ma peinture s’engage, ainsi qu’une foulque nageant à contre-courant.
Les oiseaux brisent le miroir –presque- parfait du ciel. Jeux de canards, sillages de poules d’eau ou de cygnes, l’image reflet vole en éclat. Sous l’apparente banalité du sujet se cache un grouillement de vie, posé sur le froissement de l’eau. Et, lorsque le regard croise un reflet d’architecture, il ne s’impose pas, mais se devine ou s’ignore. Tout au plus, il vient colorer la palette des eaux de surface, tandis que l’évolution d’un oiseau le dissout.
Elise Barat
Novembre 2009
Et
Marie Amélie Germain
et tous les artistes que vous avez particulièrement appréciés
lors des dernières expositions de la galerie
Venez nombreux!
Vernissage jeudi 25 novembre 2010 à 18h
exposition ouverte du 26 au 29 novembre 2010 au Wacken
http://www.st-art.fr
,
Adresse
7 place Adrien Zeller BP 256 R7
67007 STRASBOURG Cedex
Plan d'accès
Transports
TRAM Ligne B, station Wacken
VOITURE Autoroute A350, Sortie 1, Direction Wacken - Parc des Expositions
|
DATES
- Vendredi 26 novembre : 11h - 21h
- Samedi 27 novembre : 11h - 20h
- Dimanche 28 nov : 11h - 20h
- Lundi 29 novembre : 11h - 19h
VERNISSAGE
Jeudi 25 novembre (sur invitation)
|
|
|
__________________________